Photo n°1396

La Marne


- - France

Mono Positif sur carton 40 x 70
1914


Album
proposée par Coll. O. Boone


Même endroit, de nos jours (Ajouter une photo)

Vous avez la possibilité d'insérer votre photo du même lieu (soyez précis SVP), tel qu'il se présente de nos jours.

2013-06-09 par Sylvain Halgand

Extrait de l'historique du 94° Régiment d'Infanterie, racontant la Marne

Débarqué à Guignicourt, le 94e est de suite utilisé. Le 30août, il prend les avant-postes en avant de Guignicourt, se porte le 31 à Saint-Loup-en-Champagne.
Le 1er septembre, commence le repli ordonné par le Général Joffre, qui veut mettre le grand état-major allemand dans l'indécision. .
De jour ou de nuit, on marche, la rage au coeur, presque sans ravitaillement. Le 1er au soir à Neuvillette, le 3 à Rilly-la-Montagne, le 4 à Villers-aux-Bois, le 5 au bivouac à Broyes et Mondement (le 1er Bataillon assure la garde du château de Mondement, où s'est installé le Général Grossetti).
Dans la journée du 5, l'Armée de Paris (Généraux Maunoury et Gallieni) a attaqué.
Le 6 au matin, des troupes du 9e Corps prennent la place de la Division et le Régiment se regroupe dans les bois aux environs de Chapton.
Enfin, on est prévenu que le recul doit être terminé et l'ordre d'attaquer arrive.
« L'ordre est envoyé partout d'arrêter la retraite, de faire ferme, de prendre l'offensive… Le Général Foch a trois artères à interdire à l'ennemi: les routes d'Epernay à Sézanne et à La Fère- Champenoise ; celle de " Châlons à Arcis-sur-Aube. En outre, il doit tenir les plateaux au Nord de Sézanne et empêcher l'ennemi de déboucher au sud des Marais de Saint-Gond.
La 42e Division va tenir les hauteurs de Sézanne : mission de confiance donnée à une troupe d'élite»
Le 1er Bataillon du 94e (Commandant Barbaroux) se précipite en tête dans le village de La Villeneuve-les-Charle ville, qu'il enlève à la baïonnette. Le Xe Corps allemand contre-attaque. Le village est perdu puis repris et l'ennemi repoussé jusqu'aux lisières des Marais de Saint-Gond. (Le Général Grossetti, toujours en tête et témoin de l'héroïsme du 1er Bataillon, le cite à l'ordre de la Division.)
Le Colonel Margot, qui n'a pas quitté les éléments de tête, attend de pied ferme les nouveaux efforts de l'adversaire. Voulant être sûr de la cohésion de son Régiment, il fait présenter les armes, suprême défi lancé en pleine bataille aux hordes de l'envahisseur.
En dépit de furieux assauts, le Régiment tient bon. Le Commandant Barbaroux est blessé. Le soir, le calme renaît un peu et les liaisons, quoique difficiles, s'établissent.
La droite est en retrait et, le 7, de nouveaux assauts furieux des Allemands reprennent en avant de Chapton.
« Les positions ne sont conservées que grâce à des prodiges d'héroïsme. Sans répit, malgré les pertes les plus effroyables, les masses allemandes se ruent à l'assaut en vagues massives».
Le Colonel Margot blessé, le Commandant Duclaux prend le commandement du Régiment.
Le 8, la 42e Division est dégagée par les attaques du 10e Corps. Ainsi appuyé, le Régiment continue à gagner du terrain; partout ailleurs, on n'avance pas ; mais l'ennemi, étonné, s'arrête.
Le Régiment est mis au repos au château de Chapton.
« Bien que son moral soit demeuré très élevé, la 42e Division, après trois jours de lutte disproportionnée, est hors d'état physiquement de supporter encore un jour d'une épreuve aussi terrible».
Le 9, le 94e est en réserve à Pleurs. Mais l'heure critique approche: si la limite des forces est atteinte, l'ennemi, lui aussi, est épuisé. On ne pourrait supporter un nouvel assaut, mais il faut, par une attaque, chasser l"ennemi qui n'a plus de réserves.
« De notre côté, une réserve est en route !... Cette réserve suprême, c'est l'héroïque 42e Division».
En avant ! Le Régiment attaque Connantre. En arrivant au village, vers minuit, les patrouilles le trouvent évacué.
Le 10, au petit jour, la marche reprend. Le champ de bataille est jonché de morts. Les Allemands ont abandonné de nombreux blessés, des trophées, du matériel.
Presque sans manger, il faut aller de l'avant, tenter de ne pas donner de répit à l'adversaire en fuite.
Le 11, le Régiment passe à Normée ; le 12, il couche à Thibie. Le 13, il passe la Marne à Matongues, sur un pont de fortune et va coucher à La Veuve.
Le 14, il continue vers le camp de Châlons (quelques retardataires ennemis sont chassés de Mourmelon, où les Allemands avaient déjà constitué d'importants dépôts d'effets et de matériel) et vers Auberive, où il se heurte à l'ennemi retranché et réapprovisionné. Il faut l'accrocher et repousser ses vigoureuses contre-attaques.
Le 20 septembre, devant Baconnes, les 104e et 106e allemands font une furieuse attaque de nuit, repoussée par le 1er Bataillon et le 19e Bataillon de Chasseurs, qui leur infligent des pertes cruelles (au petit jour, sur le front de la 1re Compagnie, on compte 83 morts).
Le 2 l, le Commandant Barbaroux, rentré, prend le commandement du Régiment.
Le 22, le Régiment est relevé et mis au repos à Mourmelon-le-Petit.
Le 24, par Rilly-la-Montagne, Puisieulx, il doit gagner La Pompelle. A Sillery, deux attaques successives permettent de franchir le canal et de se porter de l'autre côté de la Vesle, au pied du fort.
Tandis que les Armées de Castelnau et de Maud'huy sont transportées à la gauche du front de bataille, où se livre de chaque côté la « course à la mer », la 42e Division va donner un nouvel assaut pour défendre Reims.
Le fort de La Pompelle, qui domine la vallée de la Vesle, est attaqué par le 94e, le 26 septembre.
Dans un assaut magnifique avec les Tirailleurs Sénégalais, le fort est enlevé et les lignes amenées dans les fossés même de la route 44.
Mais les pertes sont sanglantes et il est impossible de pousser au delà. Le Général Krien, commandant la Brigade, est mortellement blessé. Le Régiment est réduit à deux Bataillons.
En dépit de contre-attaques violentes, le terrain est conservé et organisé les jours suivants, sous des bombardements violents.
Le 29 septembre, le Commandant Barbaroux, évacué à nouveau, passe le commandement du Régiment au Capitaine Dieu. Celui-ci le conserve jusqu'au 10 octobre et le passe à cette date au Commandant Génot.
Pendant cette période, les premières citations à l'ordre sont accordées :au médecin-major de 1re classe du Roselle, au Capitaine Picquart, adjoint au Chef de Corps, au médecin auxiliaire Verger, aux brancardiers Ducornoy et Connesson, ces deux derniers tués en transportant les blessés dans les circonstances les plus pénibles.
Le 17 octobre, le Régiment est relevé et va en réserve à Sermiers, où se reforme le 3e Bataillon.
Dans les circonstances actuelles, il ne saurait être question de repos. Le 18, le 94e est à Hautvillers et Ay; le 11, il embarque à Epernay.
Il quitte la Marne pour être transporté en Belgique et va gagner un deuxième chevron de gloire sur
l'Yser; petit ruisseau, puis rivière large près de la mer, qui coule dans une plaine riche, coupée d'innombrables canaux.

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